
Le gasoil disparaît surtout de quelques façons : siphonné ou vidangé pendant que le camion ou le groupe électrogène est à l’arrêt, déclaré sur des pleins qui n’ont jamais atteint le réservoir (reçus gonflés, pleins fictifs), pris avec une carte carburant détournée, ou soutiré dans les cuves et les dépôts. Une sonde de niveau capacitive qui mesure le réservoir en litres, croisée avec la position GPS et l’état du moteur, montre quand et où les litres ont disparu. Elle ne dit pas qui a pris le carburant, mais elle indique quoi vérifier.
Comment se pratique le vol de carburant
Vol de diesel sur les camions à Kinshasa, sur un chantier minier ou sur un site télécom : les exploitants décrivent les mêmes méthodes, toutes fondées sur l’écart entre carburant payé et carburant mesuré.
- Le siphonnage. Un tuyau dans la goulotte de remplissage et des bidons, souvent la nuit ou dans un parking sans gardien.
- La vidange par le bouchon ou la durite. Le gasoil sort par le bouchon de vidange ou une durite desserrée, puis la perte passe pour une fuite.
- Les pleins fictifs et les reçus gonflés. Un reçu pour plus de litres que le réservoir n’en a reçu, ou pour un plein qui n’a jamais eu lieu.
- La carte carburant détournée. La carte de l’entreprise remplit un autre véhicule, une voiture personnelle ou des bidons.
- Les groupes électrogènes et les cuves. Les sites isolés sont rarement visités ; le gasoil soutiré entre deux livraisons passe pour du carburant consommé.
- La complicité au dépôt. Quand celui qui sert le carburant et celui qui l’enregistre s’entendent, les papiers sont justes, pas le réservoir.
- Les longs trajets. Sur la RN1 vers Matadi ou sur les corridors miniers du Haut-Katanga et du Lualaba, des exploitants évoquent du gasoil revendu lors des longs arrêts, puis justifié par la mauvaise route.
Les signes à vérifier sans capteur
Vos documents montrent déjà où chercher. Chaque semaine, véhicule par véhicule et groupe par groupe :
- Une consommation au kilomètre qui grimpe. Comparez les litres aux 100 km d’un même véhicule, sur un même trajet, semaine après semaine. Une hausse inexpliquée mérite une question.
- Un plein plus gros que la place disponible. Si le reçu dépasse ce que le réservoir pouvait recevoir, le surplus est parti ailleurs.
- Des pleins hors itinéraire. Une station hors trajet, ou une heure où le véhicule devait être au parking. Avec le suivi GPS, comparez l’heure du reçu à sa position.
- Des heures moteur qui ne collent pas aux kilomètres. Beaucoup d’heures pour peu de kilomètres : ralenti prolongé, ou relevés arrangés pour justifier la consommation.
- Un groupe qui consomme plus par heure qu’il ne devrait. Divisez les litres livrés par les heures de marche et comparez avec la consommation constructeur à cette charge.
Ces contrôles révèlent des tendances, pas des preuves : reçus et carnets de bord peuvent eux-mêmes être faux.
Ce que voit une sonde carburant
Une sonde de niveau capacitive, placée dans le réservoir, mesure le niveau en continu ; une table d’étalonnage propre au réservoir convertit chaque mesure en litres. Avec la position GPS et l’état du contact, chaque variation reçoit une heure, un lieu et un contexte.
Concrètement : une chute brutale, véhicule à l’arrêt et contact coupé, signe typiquement une vidange ou un siphonnage, car un moteur arrêté ne consomme rien. Un plein se voit comme une montée rapide, dont la hauteur correspond aux litres réellement entrés, à comparer au reçu. Une baisse lente à l’arrêt évoque une fuite. Sur les pistes et dans les côtes, le carburant bouge et la courbe oscille puis revient : chaque événement doit donc être validé, une fois le niveau stabilisé.
Le guide de surveillance du carburant détaille la procédure technique : inspection, étalonnage, validation.
| Sur la courbe | Signification probable | À vérifier |
|---|---|---|
| Chute rapide à l’arrêt, contact coupé | Carburant vidangé ou siphonné | Position, heure, qui conduisait, bouchon et bouchon de vidange |
| Plein plus faible que le reçu | Reçu gonflé, ou carburant détourné en bidons | Reçu, station, transaction carte, durée de l’arrêt |
| Reçu sans montée dans le réservoir | Plein fictif | Position GPS à l’heure du reçu, relevé de la carte |
| Baisse en roulant, plus forte que la consommation | Fuite, ou carburant pris sur la durite | Durites, raccords du réservoir, consommation au kilomètre |
| Baisse lente pendant des heures, moteur coupé | Fuite, ou petits prélèvements répétés | Réservoir et raccords ; les mêmes heures les autres nuits |
| Niveau du groupe en baisse, groupe à l’arrêt | Carburant soutiré sur le site | Heures de marche, accès au site, bons de livraison |
Comment GT AFRIK détecte le vol de carburant
GT AFRIK mesure le réservoir avec des sondes de niveau capacitives. Les sondes Escort et Omnicomm sont intégrées. La sonde de référence est l’Escort TD-BLE : mesures en litres, précision volumique de ±1 %, liaison sans fil en Bluetooth Low Energy avec les traceurs Teltonika FMB920 et FMB125. Escort indique une erreur de mesure d’au plus 1 % [1] et cite ces deux traceurs parmi les modèles compatibles [2].
Chaque mesure est croisée avec la position GPS et l’état du moteur (contact), et une baisse suspecte déclenche une alerte WhatsApp en 60 secondes environ. Sur la plateforme, vous trouvez :
- la courbe carburant : le niveau du réservoir dans le temps, pleins et baisses signalés ;
- les rapports de remplissage et de vidange ;
- les rapports de consommation carburant ;
- les rapports de vol et de vidange.
Pour les groupes électrogènes, un Teltonika FMB125 lit les contrôleurs DSE, ComAp et DATAKOM en Modbus RTU et remonte les heures de marche, le niveau de carburant, la tension de batterie et les alarmes (voir la surveillance des groupes électrogènes). Rapprocher le niveau des heures de marche montre si le groupe a brûlé le gasoil ou s’il est parti autrement.
GT AFRIK a son siège à Kinshasa et des équipes locales à Kinshasa, Lubumbashi et Brazzaville. Ses propres techniciens posent le matériel ; la mise en service se fait en général sous 48 heures, sans contrat de longue durée. Tableaux de bord, rapports et support : en français et en anglais. Voir le service de surveillance carburant, le matériel compatible et le suivi GPS à Kinshasa.
Que faire quand une alerte tombe : un plan en 7 étapes
- Vérifiez l’événement sur la courbe. Le niveau est-il resté bas une fois stabilisé, au lieu de remonter ?
- Contrôlez la position GPS et l’heure. Dépôt, station, bord de route, ou un lieu où il n’avait rien à faire ?
- Vérifiez l’état du contact. Moteur coupé, une baisse n’est pas de la consommation ; en roulant, elle oriente plutôt vers une fuite.
- Appelez le chauffeur ou le site. Demandez ce qui s’est passé avant de dire ce que montrent les données.
- Inspectez le réservoir et les scellés. Bouchon, cadenas, numéros de scellés, bouchon de vidange, durites : traces récentes ou raccords humides ?
- Comparez avec les reçus. Rapprochez le rapport de remplissage et de vidange des reçus et des transactions de carte.
- Consignez la conclusion et ajustez. Notez le verdict (vol, fuite, panne de sonde ou non résolu) et ajustez : scellés, bouchons à clé, stationnement, plafonds de carte.
Gardez la trace même d’une alerte anodine : avec le temps, elle montre où regarder.
Les mesures de prévention
La détection montre ce qui s’est passé ; ces mesures rendent le vol plus difficile :
- Des bouchons de réservoir à clé sur chaque véhicule et chaque groupe, clés confiées à quelqu’un d’autre que le chauffeur.
- Des dispositifs anti-siphonnage dans la goulotte, pour bloquer le tuyau.
- Des scellés numérotés sur les bouchons et les réservoirs des groupes, numéros relevés à chaque plein et chaque contrôle.
- Le stationnement dans des zones éclairées et gardées, et une règle pour les arrêts de nuit en long trajet.
- Des plafonds sur les cartes carburant. Une carte par véhicule, des limites par plein et par jour, des stations agréées.
- Un rapprochement régulier. Chaque semaine, comparez reçus, relevés de carte et pleins mesurés par la sonde ; chaque matin, revoyez les événements de la nuit. Le contrôle quotidien en 15 minutes en fait une routine.
Séparez les rôles : qui valide le carburant ne doit pas le rapprocher.
